Cap sur septembre : Les enjeux du voyage de Léon XIV
C’est maintenant confirmé, le pape Léon XIV fera un voyage apostolique de 4 jours du 25 au 28 septembre.
Cette visite à l’invitation du Chef de l’Etat et des Autorités ecclésiastiques de la France, ainsi qu’à celle du Directeur général de l’UNESCO, sera placé sous le thème : « pour que le monde ait la vie ».
Cinq grands rendez-vous sont d’ores et déjà donnés à Paris, Lourdes et Metz.
C’est l’occasion d’un retour sur plus d’un millénaire de relations passionnées, parfois tumultueuses, entre le Saint-Siège et la « Fille aînée de l’Église ».
Du sacre des rois au statut de prisonniers : mille ans de géopolitique
Dès le Moyen Âge, la France sert de refuge ou de terrain d’alliance pour la papauté. En 754, Étienne II traverse les Alpes pour sacrer Pépin le Bref.
Au XIIe siècle, des pontifes comme Alexandre III viennent y chercher la protection des rois face aux menaces impériales germaniques. Marseille et Avignon deviennent même, le temps d’un siècle et de quelques mariages historiques (comme celui de Catherine de Médicis), le centre de gravité du monde catholique.
Mais la lune de miel vire parfois au drame historique. Sous la Révolution et l’Empire, la France se fait geôlière :
- Pie VI meurt d’épuisement en captivité à Valence en 1799.
- Pie VII est escorté de force par Napoléon pour son sacre, avant d’être retenu prisonnier au château de Fontainebleau en 1812.
Il faudra attendre la fin du XXe siècle pour que s’apaise la relation.
L’ère moderne : des géants de la foi
Le renouveau des relations franco-vaticanes contemporaines s’articule autour de trois figures majeures aux styles radicalement différents.
Jean-Paul II, le marathonien francophile
Avec huit voyages au en France, Jean-Paul II est le souverain pontife qui a le plus arpenté le territoire français (hors sa Pologne natale). Dès 1980, son interpellation au Bourget reste historique : « France, fille aînée de l’Église, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? ». Des JMJ triomphales de Paris en 1997 à son ultime pèlerinage au pas de charge à Lourdes en 2004, où il se présente en pèlerin malade et vulnérable, il aura marqué des générations de catholiques.
Benoît XVI, le dialogue des Bernardins
En 2008, le pape allemand choisit Paris et Lourdes. Moins adepte des bains de foule que son prédécesseur, il marque les esprits par la hauteur intellectuelle de son passage. Au Collège des Bernardins, devant le monde de la culture, il livre un plaidoyer magistral pour le dialogue entre foi et raison, répondant à l’appel de l’Élysée pour une « laïcité positive ».
François, la diplomatie des périphéries
Le style du pape argentin prend la France à rebrousse-poil. Refusant obstinément les visites pastorales classiques, François opte pour des sauts de puce ultra-thématiques : Strasbourg en 2014 pour parler à l’Europe, Marseille en 2023 pour défendre les migrants, et la Corse fin 2024 pour un colloque sur la piété populaire, absent des cérémonies pour la réouverture de Notre-Dame de Paris. Pour lui, la France se visite par ses marges et ses crises.
Pour aller plus loin :
https://cath.ch/newsf/les-papes-en-france-une-longue-histoire
